Princeley - Artisan des tabourets Bamenda  
  Princeley représente les artisans de son village qui conçoivent les tabourets Bamenda. Il est lui-même sculpteur et développe la commercialisation des objets de son village à Yaoundé et Douala, au Cameroun. Ethnik l'a interviewé pour vous faire découvrir les méthodes de fabrication de ces tabourets.  
 
     

  Pouvez-vous nous parler de la conception des tabourets Bamenda ?

Ce sont des tabourets d'art traditionnel de ma région, le Nord-Ouest du Cameroun.
Il faut 7 jours de travail à un artisan, une fois qu'il dispose du bois coupé, pour sculpter les motifs et fabriquer le tabouret. La première étape du travail est la création du tour du rondin de bois, en sculptant les motifs. Ensuite, on va évider petit à petit l'intérieur du rondin pour former le tabouret. Enfin, on brûle et ponce le tout pour faire une belle finition.

Quels sont les instruments utilisés pour ce travail ?

Dans l'ensemble, nous créons directement les outils en fonction de nos besoins. Il y a bien sûr une évolution dans ce que nous utilisons. Par exemple, les ciseaux à bois ou encore le chalumeau pour achever la finition. Auparavant, pour brûler et poncer, on chauffait nos instruments et on raclait le bois. Maintenant le chalumeau nous permet de gagner du temps de travail pour cette finition… en ayant un résultat aussi réussi !
Les outils de sculpture demandent une grande précision. Chaque coup donné dans le bois doit être minutieux. C'est pourquoi, les artisans sont formés pendant trois années pour arriver à cette technique.

Qui sont justement ces artisans qui conçoivent les tabourets ?

Ce sont des jeunes de mon village, Babanki. Ils sont une quinzaine de sculpteurs et huit personnes au groupe de finition.
Chez nous, la plupart des jeunes apprennent l'art de sculpter les tabourets traditionnels. La difficulté est de vivre de ce travail. Nous avons tous des activités à côté, culture de maïs ou autre, car les commandes ne sont pas régulières. Si nous avions davantage de commandes, notre revenu serait correct. Mais les Camerounais qui peuvent acheter ces tabourets sont rares, car le travail est long et donc cher.

Comment faites-vous pour vous procurer le bois nécessaire à ce travail ?

C'est un problème pour nous car, comme nous sommes un village d'artisans dans le bois, nous avons utilisé la plupart des arbres environnants. Compte tenu de la difficulté des transports chez nous, nous devons aller travailler dans d'autres villages avoisinants où il y a encore des arbres.
Pour remédier à cela, nous plantons maintenant trois arbres pour un que nous arrachons.

Qu'attendez-vous de la collaboration avec Ethnik ?

Essentiellement, des débouchés commerciaux pour pouvoir fournir du travail à l'ensemble des artisans de mon village... Nous sommes également heureux de pouvoir recevoir des formations, d'échanger avec des artisans de France. Travailler avec Ethnik développe également notre créativité : nous affinons nos techniques en essayant de nouveaux modèles de tabourets.


Propos reccueillis par Olivier, Christian et Camille

 
     
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